L'association La Tène en Transition est chapeautée par un comité dont les membres sont:

  • Sylvie Perrin Amstutz, présidente, chargée de cours en écologie intégrale.
  • Vincent Mendy, secrétaire, ingénieur civil chef de projet ferroviaire.
  • Louisa Malatesta, trésorière, assistante de recherche à l'institut de Géographie et Durabilité à l'UNIL.
  • Yves Butzberger, analyste commercial dans le domaine des dispositifs médicaux.
  • Jean-Louis Rochat, informaticien retraité.
  • Yannick Storrer, biologiste.
  • Teresa Remexido, infirmière et enseignante en soins infirmiers.
  • Judith Karlen, pharmacienne.

L'Association a pour buts de:

  • mener des actions concrètes liées à la transition écologique;
  • encourager une réflexion citoyenne quant aux enjeux écologiques et climatiques liés au territoire communal;
  • préserver les terres agricoles et les milieux naturels de la commune;
  • si besoin s'opposer à des projets qui iraient à l'encontre du point ci-dessus, tel que le projet de développement économique Littoral Est.

Plaidoyer contre le projet d’un pôle économique cantonal sur des terres agricoles

Notre opposition signée par plus de 180 personnes et adressée le 19 juillet 2021 au département du développement territorial et de l’environnement est détaillée en huit points sur seize pages.

Ces points abordent la nécessité de préserver les 24 hectares des meilleures terres agricoles de la commune, les nuisances sonores minimisées, les risques d’accidents majeurs liés aux grandes firmes alentours, les failles et lacunes dans l’adduction d’eau, l’absence de coordination entre le plan d’affectation cantonal, le schéma directeur et le plan d’aménagement communal, l’utilisation d’énergie fossile récupérée pour les besoins thermiques des bâtiments, l’atteinte à la vue, au paysage et aux intérêts financiers des habitants d’Epagnier et de Marin et finalement l’impact sur les finances avec des revenus incertains et des coûts indubitables pour la commune.

Le sens des maux

Au delà de ces aspects sur lesquels nous avons une prise juridique, cette mobilisation soulève aussi la question plus globale d’un Etat conscient des enjeux à long terme, capable d’ajuster ses ambitions face aux limites planétaires dans lesquels ses activités devraient être encadrées.

Ces 24 hectares de terres convoitées ont été classées comme ayant une grande valeur agricole (catégorie 1 des surfaces d’assolement cantonales) dans le but d’être conservées pour les temps de crise. Sans inclure la crise sanitaire actuelle, nous pensons être au cœur de la plus grande crise à laquelle l’humanité doit faire face, à savoir : préparer les territoires aux multiples effets du dérèglement climatique et agir pour freiner l’effondrement massif de la biodiversité.

Deux réalités actées par les rapports de l’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) et du GIEC qui posent les activités humaines comme responsables.

Un symbole du passé
En tenant compte des connaissances actuelles, les actions fortes et rapides, attendues de nos décideurs politiques, pour faire face à la crise climatique et environnementale ne sont pas prises à la hauteur des enjeux. Au nom du droit des générations futures, cette inertie qui menace l’habitabilité de la terre n’est plus acceptable. Nos objectifs de croissance et de développement économique sont en contradiction totale avec les mesures qu’ils conviendraient de prendre. Ce pôle, imaginé il y a une quinzaine d’années en est le symbole à travers une vision passéiste pour qui la destruction de terres arables de valeur reste envisageable. Le département de l’économie promeut l’attrait d’entreprises à haute valeur ajoutée pour booster son économie alors qu’il s’agirait de bifurquer vers une économie circulaire captatrice de CO2 qui cible une gestion sobre et responsables des ressources intégrant la notion «de limites».

Insister sur la transformation de cet ancien modèle est une manière
de se projeter dans le nouveau et de favoriser son émergence
où -comme le demandent les rapports du GIEC-
l’agriculture pourrait devenir le premier secteur économique fixateur de carbone.

L’économie est dépendante des écosystèmes, l’inverse n’étant pas vrai.La pression exercée envers les paysans et les privés pour le rachat  de ces terres de valeur pour les bétonner et offrir du foncier à des entreprises internationales -alors que des hectares de friches industrielles existent dans le canton- est outrancier.Ce rachat entraîne le démantèlement des sociétés paysannes, la destruction des écosystèmes, l’accélération du réchauffement climatique et la perte de souveraineté alimentaire dans un contexte mondial instable où le prix des aliments a subi en 2021 sa plus forte hausse depuis 10 ans (+ 28%).

La crise est globale mais l’alternative est locale
La pandémie nous rappelle à notre condition d’êtres vivants vulnérables où notre relation aux écosystèmes et aux autres espèces vivantes est vitale mais aussi à double sens. L’appauvrissement ou la destruction de l’un provoquant des réactions en cascade sur l’autre.Nous avons besoin de changer de posture et d’approche dans notre relation au vivant.Conserver nos terres nourricières, préparer la résilience de notre territoire, accentuer son autonomie, voilà le sens et le moteur de notre combat pour préparer un avenir possible et soutenable.

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